Jacques Riguidel Globe puissance9 croisière autour du mondeen solitaire avec son voilier

 

Biodiversité

"Arrêtons de déclôner"

Jacques Riguidel tour dumonde en solitaire sans escale En ce moment, 150 espèces disparaissent chaque jour, soit mille fois plus rapidement que dans l'histoire de la nature. L’évolution du vivant sur la terre a mis des milliards d’années à nous construire. Nous sommes soi-disant l’espèce la plus aboutie et la plus complexe. Maintenant, en quelques décennies nous sommes en train de conduire à leur perte toutes les autres créatures, et nous avec. Nous, le fleuron de l’évolution terrestre, les plus intelligents, nous sommes devenus les plus dangereux des prédateurs.

Cet appauvrissement atteint autant le règne animal que le règne végétal. Avec des conséquences catastrophiques, que nous ne mesurons pas encore complètement. Mais dont les mécanismes sont prévisibles. Modifications des milieux naturels, destructions irréversibles des habitats, ruptures dans les chaînes alimentaires, se multiplient et les réactions en chaînes provoquent des désastres biologiques simultanés et à tous les étages de la vie terrestre.

Du point de vue de l’énergie et du milieu, ce que fait la nature pour nous, particulièrement le cycle du carbone, dépend des mécanismes complexes des cellules vivantes. Sans ces organismes, il nous est impossible de régénérer l’atmosphère. Avec pour conséquence le réchauffement climatique.

Le peuples premiers sont également victimes de la voracité humaine. Nous anthropophageons nos parents en les empêchant de vivre. Nous parquons ces derniers survivants dans des réserves qui se réduisent comme peau de chagrin. Nous supprimons leurs terres, leurs réserves de nourriture, leurs habitats, pour cultiver les plantes destinées à faire rouler nos 4x4. Sont-elles des créatures inférieures sous prétextes que leur mode de vie est encore si proche de la nature?

Enfin, nous sommes en train de stopper le moteur de l’évolution de la complexité. A l’origine, quelques atomes se sont rapprochés pour donner naissance à la vie. Puis les cellules se sont multipliées et spécialisées. Cette différenciation croissante a transformé notre planète en petit paradis fragile.

L’humanité toute entière sera-t’elle responsable d’un retour en arrière accéléré? Je ne veux pas le penser. Je veux pouvoir admirer le vol des mouettes et le sourire malicieux des dauphins. Tant qu’ils vivront, nous existerons.



 

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