Jacques Riguidel Globe puissance9 croisière autour du mondeen solitaire avec son voilier

 

Analyse météo

"Soeur grenouille, ne vois-tu rien venir?"

Saisons
Dans l’hémisphère sud, la période estivale s’étend de mi-novembre à mi-février, soit trois mois pour parcourir 14000 milles. Or, la vitesse
moyenne d’un voilier de 9 mètres l’oblige à rester environ quatre mois dans le grand sud. Presque tous les navigateurs sont partis du principe
que le passage du cap Horn est l’endroit le pus dangereux. Alors ils se sont arrangés pour quitter l’Europe assez tôt pour se présenter au Horn
en janvier. En revanche, ils ont tous été surpris par la dureté de la mer au cap de Bonne Espérance, puis dans l’Océan Indien. Je pense me
présenter à la hauteur du premier cap au début de l’été, quitte à passer le Horn un peu tard. J’appareillerai donc à la mi-septembre.
Descendre
La descente de l’Atlantique
débute par la traversée du Golfe
de Gascogne, qui peut présenter
des types de temps très variables.
Si possible.
Le long du Portugal et jusqu’à la
hauteur des Canaries, le vent
pousse généralement le bateau,
qui attrape les alizés de nord-est
aux alentours de l’archipel...
Ensuite, il faut viser la partie la
moins large du “pot au noir”, zone
de vent faibles et variables qui se
situe habituellement près des
côtes sud américaines.
Passée cette zone, les alizés de
sud-est oblige à naviguer au près
pendant une dizaine de jours. Puis l’anticyclone de Sainte- Hélène doit être contourné par la droite, avant d’accrocher les vents d’ouest.
Jacques Riguidel tour dumonde en solitaire sans escale
Monter
Après le Cap Horn, le tour de la
planète bleue est loin d’être
achevé.
D’abord parce qu’il reste plus
d’un quart du trajet à effectuer.
Ensuite parce que le Horn est
situé par 56° sud, et qu’il faut
compter une douzaine de jours
pour sortir des quarantièmes
rugissants.
Puis de nouveau l’anticyclone de
Sainte Hélène, qui apporte un
vent de face qu’il faut bien
négocier avant de retrouver le
régime des alizés de sud-est,
puis nord-est.
L’Atlantique nord est occupé par
l’anticyclone des Açores, qu’il faut
généralement contourner avant
de retrouver les vents d’ouest, ...
et rentrer à la maison.
Sud
Les principes qui régissent la navigation dans le sud sont apparemment simples:
- Plus on descend vers le sud, plus on se raccourci la route (on peut ainsi gagner 2000 milles).
- Mais plus on descend, plus on se rapproche du très mauvais temps, ou de vents contraires. On peut également manquer de soleil pour le panneaux solaires.
- Et plus on va vers le sud, plus on risque de rencontrer des icebergs, et de passer sous le trou dans la couche d’ozone.
- Mais si on remonte trop vers le nord, on tombe dans des zones anticycloniques, et c’est le manque de vent qui ralenti la progression.
Bien entendu, dépressions et anticyclones sont plutôt du genre SDF, et tout l’art consiste à se glisser entre eux, de manière à avoir juste assez
de vent pour progresser de manière optimale. L’idéal est de se positionner au nord des dépressions, ce qui permet de profiter des vents de
secteur ouest, qui soufflent normalement entre les quarantièmes et cinquantièmes sud.
Conséquences...
- Sur la conception du bateau: la navigation se déroule pour moitié au portant dans les mers les plus risquées. Les qualités nautiques intègrent
cette donnée: grande stabilité de route, faculté de se remettre à l’endroit après un chavirage (statistiquement inévitable), mat étudié pour résister
autant à la force du vent qu’à la poussée de l’eau. Pour autant mon voilier devra également être rapide dans toutes les autres conditions.
- Sur la préparation: Il est important de se procurer les bulletins et cartes météo pour anticiper tant que faire se peut l’évolution des vents et de la
mer. Ainsi, je pourrai éviter soit de m’engluer dans une zone sans vent, soit de me trouver au centre d’une violente dépression.

 

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